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CRITIQUES DE CONCERTS |
21 décembre 2024 |
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Version de concert de Roméo et Juliette de Berlioz sous la direction de John Nelson à la Philharmonie de Paris.
Roméo pour Juliette
Œuvre hybride par excellence, Roméo et Juliette poursuit le cycle berliozien strasbourgeois et est cette fois également présenté à la Philharmonie de Paris. Rares dans la partition, les voix témoignent d’une distribution de grand luxe portée par Joyce DiDonato, tandis que l’orchestre et les chœurs bénéficient de la finesse du geste de John Nelson.
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Bien remplie, la Philharmonie de Paris accueille deux jours après l’Auditorium de Strasbourg la symphonie dramatique Roméo et Juliette. À n’en pas douter, beaucoup sont aussi là pour la distribution et seront sans doute restés sur leur faim, après n’avoir entendu qu’un air par chacun des trois chanteurs, mais c’est bien comme cela qu’est écrit le surprenant opus 17, véritable prototype de Berlioz.
Symphonie dramatique avec chœur inspirée au compositeur français par la Neuvième de Beethoven, cette pièce à numéros pourrait cependant rappeler la musique à programme d’un autre romantique contemporain, Mendelssohn et son A Midsummer Night’s Dream lui aussi adapté de Shakespeare. L’Introduction tente de décrire les combats et le tumulte avant le Prologue et les Strophes. L’Orchestre Philharmonique de Strasbourg y entre en finesse, sans doute trop limité en volume par John Nelson, qui ne semble pas avoir pris totalement la mesure de l’ample acoustique parisienne.
Au moins profite-t-on sous ce geste de toute la finesse de l’orchestration berlozienne, avant de gagner en puissance grâce à l’entrée du petit chœur, encore chanté par une partie seulement du Chœur Gulbenkian et de l’Opéra du Rhin, respectivement préparés par Jorge Matta et Alessandro Zuppardo. Pas d’ophicléides pour les accompagner, mais les tubas donnent de la voix, à l’instar des autres cuivres, excellents toute la soirée.
Placés juste devant les choristes en arrière-scène, les deux chanteurs de la première partie souffrent d’une projection limitée, surtout Cyrille Dubois, visiblement défavorisé de la même manière en Alsace par son positionnement derrière l’orchestre. Espérons que la captation réalisée pour Warner Classics mettra mieux en avant sa belle ligne de chant, ici trop fluette pour ressortir de la masse, tandis que Joyce DiDonato bénéficie à la fois de plus de puissance et d’un accompagnement plus doux, surtout porté par les couleurs des harpes et des bois.
La grande partie symphonique met ensuite en exergue toute la minutie de Nelson, plus passionnant dans ces moments et notamment dans le Scherzo de la reine Mab que lorsqu’il faut relancer les chœurs en force dans le Convoi funèbre en seconde partie, avec des musiciens mis en légère difficulté par une battue trop aléatoire pour gérer la grande fugue orchestrale. Christopher Maltman entré pour son monologue sur le devant de scène peut mieux projeter son chant et offrir un timbre sombre au finale, dynamisé tant par l’orchestre que par les chœurs. Cette interprétation de luxe est déjà à réentendre déjà sur Mezzo et bientôt au disque.
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Philharmonie, Paris Le 10/06/2022 Vincent GUILLEMIN |
| Version de concert de Roméo et Juliette de Berlioz sous la direction de John Nelson à la Philharmonie de Paris. | Hector Berlioz (1803-1869)
Roméo et Juliette, symphonie dramatique op. 17
Joyce DiDonato, mezzo-soprano
Cyrille Dubois, ténor
Christopher Maltman, baryton-basse
Chœur Gulbenkian
Chœur de l’Opéra du Rhin
préparation : Jorge Matta & Alessandro Zuppardo
Orchestre philharmonique de Strasbourg
direction : John Nelson | |
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