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CRITIQUES DE CONCERTS |
21 décembre 2024 |
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Concert des 20 ans des Siècles sous la direction de François-Xavier Roth au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
20 ans pour des siècles
Les Siècles ont 20 ans et présentent pour l’occasion un programme intégralement français dans leur principale salle d’accueil parisienne, où l’on entend sous la baguette de François-Xavier Roth six compositeurs qui ont marqué le Théâtre des Champs-Élysées depuis son ouverture en 1913, avant un gros gâteau d’anniversaire final.
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Formation spécifique par l’adaptation de ses instruments aux répertoires joués, Les Siècles fêtent leurs vingt ans avec leur créateur et directeur musical François-Xavier Roth, fidèle malgré de nombreux engagements internationaux. Dans sa tournée anniversaire, la formation s’arrête à Paris avec le même programme de six ouvrages français.
Débutée par le Prélude à l’après-midi d’un faune, la soirée met immédiatement en avant la flûte de Marion Ralincourt, encore plus souple et lyrique dans l’œuvre suivante. Moins soyeuse que dans leur enregistrement de 2018, la matière des cordes se montre ici plus nette, sans tout à fait trouver dans la direction la même liberté.
La Première Rapsodie extraite du ballet Namouna de Lalo permet un bel hommage à ce compositeur trop rare, d’où se démarque ici un Prélude aux textures bien mises en valeur, des harpes aux cordes graves, avant les pizzicati nerveux de la Sérénade, puis les sautillants accords de la Parade de foire, où la trompette et le hautbois rappellent les sonorités d’antan.
La suite n° 2 du Bacchus et Ariane de Roussel cherche elle aussi plus la netteté qu’un lyrisme surtout dévoilé par les solos d’alto et de violon, pourtant peu portés sur le vibrato, tandis que se repère également la couleur et la volupté de la clarinette, magnifique tout le reste de la soirée. L’œuvre trouve sous cette agile formation une vive énergie, totalement libérée par la Bacchanale conclusive.
En seconde partie, les rares Scènes alsaciennes de Massenet mettent en valeur particulièrement les cuivres et le basson, encore mieux sollicité ensuite dans Dukas. Mais c’est avant tout les langoureux solos de violoncelle de Robin Michael que l’on retient Sous les tilleuls d’une œuvre écrite en pendant à la défaite de Sedan, quand la dynamique d’Au Cabaret et la spatialisation d’une fanfare en coulisse au premier balcon pour le Dimanche soir procurent un charme amusant à cette suite d’orchestre.
L’Apprenti sorcier se montre sans doute trop peu joueur, surtout porté par l’éclat des instruments d’époque, d’une agilité et d’une énergie toujours vivaces. Puis La Valse de Ravel remet en avant les bassons et démarque le soutien très intéressant des contrebasses, bien que François-Xavier Roth cherche ici encore le délié et la précision d’un passé toujours moderne, plutôt que les puissants cataclysmes postromantiques de l’ouvrage.
Après plusieurs aller-retours en coulisse, le chef profite d’un court discours pour évoquer le jeune âge de la formation, puis annonce un classique pour bis, L’Arlésienne de Bizet, représentée par son doucereux Adagietto plutôt que par les pétillants Carillon ou Farandole. Un gros gâteau apporté sur le devant de la scène permet un ultime joyeux anniversaire joué par les Siècles et entonné par le public, pour un concert filmé à revoir sur Mezzo et sur le site du Théâtre des Champs-Élysées.
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Théâtre des Champs-Élysées, Paris Le 10/01/2023 Vincent GUILLEMIN |
| Concert des 20 ans des Siècles sous la direction de François-Xavier Roth au Théâtre des Champs-Élysées, Paris. | Claude Debussy (1862-1918)
Prélude à l’après-midi d’un faune
Edouard Lalo (1823-1892)
Namouna, Première Rapsodie
Albert Roussel (1869-1937)
Bacchus et Ariane (suite n° 2)
Jules Massenet (1842-1912)
Scènes alsaciennes
Paul Dukas (1865-1935)
L’Apprenti sorcier
Maurice Ravel (1875-1937)
La Valse
Les Siècles
direction : François-Xavier Roth | |
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